Qu’est-ce qu’un jardin partagé ?

Les jardins partagés, activité un temps un peu délaissée en France, est redevenue un loisir, voire un mode de vie, incroyablement tendance. Pas une ville ni une agglomération sans que fleurissent, de-ci de-là, ces jardins très prisés et qui reposent sur un principe fort de vivre ensemble. Egalement présents dans les zones rurales, ces bouts de nature mis en commun naissent généralement d’initiatives citoyennes. Ouverts à tous, ces jardins sont souvent envisagés comme des lieux de rencontres et de solidarité. Leurs créateurs et les personnes qui s’y impliquent peuvent poursuivre différents objectifs: le développement durable, la sensibilisation des plus jeunes aux questions environnementales, la rencontre entre les générations, les échanges et la mixité sociale…A la fois lieux de valorisation du vivant, de la biodiversité et du lien social, les jardins partagés sont issus d’une longue tradition et connaissent un très fort regain d’intérêt.

L’origine des jardins partagés

Le terme “jardin partagé” est essentiellement voire uniquement utilisé en France et désigne une expérience connue dans de nombreux autres pays sous des noms différents : jardins communautaires, jardins associatifs, jardins collectifs, “ruelles vertes” à Montréal ou encore “plantages” sont des expressions qui reflètent une réalité assez semblable. Il s’agit d’espaces naturels créés et gérés par des habitants, parfois avec le soutien des pouvoirs publics, et exploités en commun.

Ces jardins collectifs plongent leurs racines profondément dans l’histoire du continent européen. L’appropriation des terres par les paysans du Moyen-Âge, rebellés face aux seigneurs qui les possédaient, est considérée comme une des premières expériences de mise en commun, tout comme les révoltes agricoles en Angleterre et en France lors des grandes Révolutions. Plus précisément, ce sont les grandes mutations sociales du XIXe et du XXe siècles qui vont donner naissance à ces jardins d’un genre nouveau.

La Révolution industrielle a dirigé vers les villes de nombreuses populations qui, lorsque des crises économiques surviennent, inventent un moyen nouveau de se nourrir. C’est ainsi que l’Allemagne et l’Angleterre voient émerger des “jardins des pauvres”. Plus généralement, c’est bien sous la forme de “jardins ouvriers” que les jardins partagés vont se développer, y compris en France dès la fin du XIXe siècle: des jardins exploités en commun par des ouvriers, ou par des groupes de familles. Les troubles du XXe siècle vont aussi inciter au développement de ces sources précieuses de nourriture, mais également espaces de solidarité et souvent de loisir, d’évasion et de liberté, à l’instar des Victory Gardens sous la Seconde Guerre Mondiale en Angleterre. En France, les jardins “ouvriers” ou “familiaux” ont connu une forte popularité qui a décliné tout au long des Trente Glorieuses, lors desquelles la prospérité économique les rendait moins utiles. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 et au début des années 2000 qu’ils ont à nouveau suscité l’intérêt.

Comment créer un jardin partagé ?

En réalité, pour mieux comprendre comment se crée un jardin partagé, il faut remonter aux années 1970 aux Etats-Unis, car c’est à cette époque que l’idée d’un jardin destiné à créer du lien social et à remettre du vivant au coeur de l’urbain émerge puissamment. Les friches, agricoles ou industrielles, sont alors ré-occupées par des citoyens désireux de renouer avec la nature mais aussi avec une vision des rapports sociaux fondée sur la proximité, la coopération et l’ouverture. New York, notamment, est le théâtre d’innovations importantes, qui inspirent encore aujourd’hui la création de nouveaux jardins communautaires partout à travers le monde.

Ces jardins sont donc d’essence citoyenne, et la première étape d’un jardin collectif est la rencontre entre personnes désireuses de mettre en commun leurs savoirs et leurs savoir-faire pour imaginer puis concrétiser ce projet. Il n’est s’agit pas nécessairement de spécialistes du domaine horticole ou agricole, mais tout simplement parfois des habitants d’un quartier, d’un ensemble urbain, d’un village, etc, qui souhaitent lancer cette initiative écologique et sociale. De nombreux défis se posent bien sûr, et il n’est pas inutile de faire appel, en appoint d’une dynamique locale par exemple, à des techniciens qui aideront à maîtriser les méthodes pour choisir et cultiver les différentes plantes. Outre la nécessité de pérenniser un fonctionnement collectif (des bénévoles qui se relaient dans différentes tâches par exemple), se pose aussi la question ds relations avec les pouvoirs publics. De nombreuses collectivités soutiennent les jardins partagés comme un précieux outil civique et environnemental, néanmoins certaines règles, voire accréditations, existent parfois. Il est bien sûr indispensable de les connaître pour une expérience réussie.


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